mardi 2 janvier 2018

Mon top 5 de 2017 et autres coups de coeur



BONNE ANNEE 2018!



2017 aura décidément passé très vite, enchaînant coups de coeur et déceptions cinématographiques à vitesse grand V. 

C'est donc après avoir fait un tri difficile parmi les 45 films vus au cinéma cette année que je vous sers, accompagnés de mes meilleurs voeux pour 2018, mon top 5, de la cinquième à la première place!



5. La La Land


"Euh...tu regarderais pas plutôt le film?"

(Critique complète via ce lien)

On pourrait palabrer des heures durant sur ce qui est objectivement un très bon film ou, très subjectivement, un beau moment (imparfait) de cinéma. 
Quoi qu’il en soit, Damien Chazelle donnait le la (La Land) en ce début 2017 et, même si son talent brut risque d’exploser bien plus fort avec le poids des années et de la maturité, il nous livre déjà une comédie musicale d’une profondeur rarissime.
Une œuvre qui fait appel à nos rêves et surtout aux sacrifices nécessaires à leur accomplissement, et qui délivre son message avec une justesse imparable.


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4. Au Revoir Là-Haut


"Le masque du bonheur est peut-être le plus dur à porter."

On poursuit ce classement avec ma plus belle surprise de 2017 et certainement le meilleur film français de l'année, le bien nommé Au Revoir Là-Haut de et avec Albert Dupontel, adapté du roman de Pierre Lemaitre.

Le cinéaste confirme ici tout le bien qu'on pense de lui en réalisant une oeuvre touchante, qui donne furieusement envie de se plonger dans le livre éponyme.
Il canalise ici toute ses envies d'irrévérence et de comédie absurde pour nous livrer un film post-guerre parfaitement rythmé, subversif, drôle et brillamment interprété par un casting d'exception (Laurent Laffite fait un méchant très crédible et Dupontel lui-même nous rappelle le grand Chaplin, sans oublier l'impérial Niels Arestrup et l'étoile montante Nahuel Pérez Biscayart). 

Seule ombre au tableau, il y a sans doute trop d'événements à raconter pour tout faire tenir dans ce bel écrin d'1h57 et l'attachement aux personnages n'en ressort pas aussi total qu'on l'espérait pour cristalliser toutes les émotions voulues.
Néanmoins, cette comédie dramatique à la direction artistique extraordinaire et au ton juste tire le cinéma francophone vers le haut. 
C'est donc un franc merci qu'il faut adresser à ce grand Monsieur qu'est Albert Dupontel.


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3. Ex-aequo: Get Out et Dunkerque


Rira bien qui rira le dernier.

(Critique complète via ce lien)

Thriller horrifique teinté de satire sociale avec pour toile de fond la discrimination raciale secouant les cages dorées de l’histoire américaine, Get Out est certes un pamphlet propice à la vive discussion mais plus encore : c’est un film inattendu, qui nous bouscule sans crier gare. 
Il fait temporairement revivre un cinéma de genre qui ne doit son agonie qu’à ceux qui vont exactement là où on les attend, quitte même à déféquer sur leur propre univers filmique.

Soyez curieux, vous (n’)en ressortirez (pas in)différents.




"♫ Oh mon bateauuuuuuuuuu! ♫"

(Critique complète via ce lien)

Avec DunkerqueChristopher Nolan surprend une fois de plus ; ne nous racontant pas une histoire menant à la victoire mais bien à une cinglante retraite, il nous fait vivre à travers le regard d’un casting impeccable et de son compositeur de génie, non seulement l’impact écrasant des forces guerrières jadis en présence mais aussi et surtout la puissance que peuvent revêtir de modestes actes de bravoure, avec pudeur et sans traditionnel carton-épilogue nous racontant le devenir d’untel avec sa femme et ses gosses après la guerre (merci !). 

Manque juste à l’appel un solide lien émotionnel pouvant véritablement bouleverser mais, après tout, être totalement bluffé ce n’est déjà pas si courant.

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2. Coco


Tout le coeur du film en une seule image.


Au delà de leurs graphismes toujours plus impressionnants, c’est bien grâce à la pertinence et à la sensibilité de leurs messages que les productions Pixar jouissent de leur belle réputation.
Coco ne déroge pas à la règle avec son intrigue tournant autour de la mort, de l’oubli et de la force évocatrice et spirituelle du souvenir.
Sous ses allures de comédie (trop) légère et (superbement) musicale, le film d’animation nous prend par la main et nous emmène dans le monde des morts à la sauce mexicaine, où tout est coloré et jovial

Tout ? Non ! 
Mais je vous laisse découvrir à quel point le drame s’immisce dans le quotidien du jeune musicien Miguel et, foi de Post-générique, si vous n’êtes pas émus (ou carrément liquéfiés) par Coco, vous êtes des robots ! 

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1. Blade Runner 2049

"Dessine-moi un mouton...électrique."


Arrivé 35 ans après l’original, Blade Runner 2049 est un film impressionnant, capable de rester fidèle à son prédécesseur tout en trouvant les moyens de le transcender. Il fait partie de cette rare lignée d’œuvres qu’on appelle les classiques instantanés et c’est pourquoi il est mon film de l’année.

Ryan Gosling est l’agent K (non, pas de Men in Black), un blade runner dont la mission est identique à celle du Deckard campé par Harrison Ford dans l’original : retrouver et éiminer les derniers Replicants (= androïdes) rebelles.
A mesure que K accomplit sa mission en parcourant ce monde futuriste, 2049 nous pose sa question centrale : Faut-il encore et toujours faire la différence entre réplicant et humain ?

En effet, La frontière entre l’Homme et la machine est ici plus floue que jamais et les effets de cette confusion renferment tout le poids émotionnel que doivent porter les personnages et, par extension, le spectateur.
Le réalisateur Denis Villeneuve et son équipe ont transformé le budget de 150 millions de $ non pas en un spectacle lambda truffé d’action, mais bien en une œuvre d’art très contemporaine.

Filmé par le légendaire directeur photo Roger Deakins, chaque image de Blade Runner 2049 est magnifique et ruissèle de couleurs, de vie et de sensibilité.
Ensemble, ils ont été capables de façonner une atmosphère réellement hypnotique;
ils ont non seulement parfaitement recréé le monde de Blade Runner, mais ils ont de surcroit su le développer en partant des solides bases dans lesquelles il s’ancrait pour mieux s’en affranchir et rendre cet univers plus fascinant qu’il ne l’était jadis.

2049 sonde ainsi la célèbre fin ambiguë de son aîné en suivant les traces de Rick Deckard…et quand Harrison Ford apparaît enfin à l’écran, on se dit que l’attente en valait largement le coup : son interprétation taciturne et poignante dépeint parfaitement ce qu’il a pu endurer sur les 30 dernières années de vie du personnage.

Par ailleurs, chaque performance du casting est très juste ; que ce soit Ryan Gosling qui apporte ici de belles nuances à son jeu monolithique ou son opposante directe Sylvia Hoeks rappelant les meilleures heures de Terminator, en passant par la-trop-belle-pour-être-vraie-et-hyper-crédible-en-hologramme de Joi(e), Ana de Armas ; chaque rôle, jusqu’au plus microscopique, nourrit avec brio le macrocosme de Denis Villeneuve.

En outre, l’une des plus grosses craintes à l’idée de voir débarquer une suite au Blade Runner de Ridley Scott était de se retrouver face à une œuvre tentant de répliquer (hum) son esthétique visionnaire en y injectant simplement une histoire hollywoodienne de flic des plus bateaux comme tout bon remake déguisé qui (ne) se respecte (pas).

Miraculeusement,  Blade Runner 2049 est une vraie suite qui se permet de jouer une autre partition sur les thèmes de l’original sans les cannibaliser ni les esquinter rétroactivement parlant.
Il cultive dès lors les éléments fertiles d’antan pour donner ce film riche, profond et malin, quoiqu’un chouilla prévisible et longuet, visuellement éblouissant et foisonnant de grands concepts de science-fiction. 
Le tout porté par une bande originale onirique d’Hans Zimmer et Benjamin Wallfisch.

Malheureusement, ce tout grand film a fait un bide au box-office
De quoi donner raison aux producteurs qui laissent de moins en moins de liberté aux vrais auteurs-réalisateurs du cinéma actuel.
La SF pure est-elle devenue un genre boudé du grand public ? Ou la longueur du film en aurait-elle rebuté plus d’un ? A moins que ce ne soit le prix excessif du billet
Quel dommage.

Sachez qu'il n’est en tout cas pas du tout nécessaire d’avoir apprécié l’œuvre de Ridley Scott pour adorer celle de Denis Villeneuve.
Et c’est de loin le plus grand tour de force de Blade Runner 2049.

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Mentions spéciales


Meilleures séries TVMarvel's The Punisher et Stranger Things Saison 2 


"Ah, toi aussi t'as un problème de coiffeur?"

A ma gauche, toute la puissance et le charisme de Jon Bernthal pour nous asséner cette énorme claque qu'est la première saison de The Punisher. 
Une oeuvre éloignée des poncifs habituels de Marvel, qui ne sous-estime jamais l'intelligence du spectateur.

Cette série Netflix nous emmène sur les traces d'un homme brisé, traumatisé par la mort de sa famille et cherchant à se venger tout en mettant malgré lui les pieds dans un complot terroriste qui le dépasse complètement. 
Rarement une oeuvre filmique n'aura traité les véritables blessures de guerre avec autant d'empathie et de justesse.
Les dérives du patriotisme et les démons intérieurs d'un pays malade sont au coeur d'un scénario déroutant, porté par la performance incroyable de cet acteur aux allures de jeune De Niro


Oui, Marvel's The Punisher est sans conteste mon plus gros coup de coeur audiovisuel de l'année, ciné et tv confondus.



"Mais... la saison 3 n'arrive qu'en 2019 ?!"

A ma droite, l'essai transformé de Stranger Things qui, avec cette saison 2, marque un tournant plus sombre dans son univers branché 80's

La série ose enfin sortir la tête du carcan d'influences pour nous raconter une histoire plus originale que dans sa saison 1 labellisée 100% nostalgie.

Cette fois, les personnages composent des duos aussi surprenants que réussis et les acteurs confirment tout le bien qu'on pensait d'eux l'an dernier. 
Mentions spéciales à Gaten Matarazzo toujours plus drôle et touchant en Dustin et Millie Bobby Brown qui gagne encore en charisme et talent cette année. 

Jusqu'où ces stars naissantes iront-elles?

En tout cas, le cocktail à mi-chemin entre références et nouveautés est détonnant; chaque épisode est comme un petit cadeau de Noël à déballer tant on se régale de l'évolution des personnages et d'une intrigue qui s'assemble parfaitement (avec une petite réserve pour l'épisode 7 dont l'enjeu peine à convaincre) pour nous conduire à un final palpitant, riche en émotions.

Vivement la saison 3!



En tant qu'amateur de salles obscures avec le plus grand écran possible, me voilà contraint d'admettre que Netflix commence tout doucement à mettre le Cinéma à l'amende  sur la qualité du contenu proposé au public. 
Une tendance qu'il faudra surveiller de près en cette nouvelle année.

PS: Je n'ai pas encore vu la fameuse série intitulée Dark.


Meilleures actrices : Millie Bobby Brown (Stranger Things)/ Doria Tillier (Mr et Mme Adelman)

Meilleurs acteurs : Jon Bernthal (Marvel's The Punisher)/ Andy Serkis (La Planète des Singes: Suprématie)


Meilleure bande originale : La La Land de Justin Hurwitz

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La mention Star Wars


"♫ Résiste, prouve que tu existe. Même sans charisme. ♫"

Dans une galaxie lointaine, très lointaine des meilleures films de l'année....
Comment clôturer ce bon cru sans parler de ce petit film que personne n'attendait, Star Wars : Les Dernier Jedi...?

L'épisode VIII est sans doute celui qui divise le plus les amateurs (ou non) de la saga intergalactique.
Après un épisode VII lorgnant un peu trop du côté de la tranquillité et du remake, ce nouveau volet prend au contraire pas mal de risques avec la "mythologie" que Lucas a cédée à Disney il y a quelques années. 

Et force est de constater que le film n'est pas la purge tant décriée sur le web; ok, la trame secondaire centrée sur les personnages de PoeFinn et Rose est tout à fait dispensable et ces nouveaux personnages manquent cruellement de charisme mais l'intrigue principale, tournant autour de Rey (Daisy Ridley impressionne), Kylo Ren (Adam Driver enfin convaincant!) et Luke (Mark Hamill, bien meilleur acteur maintenant que jadis) n'a aucun mal à divertir, voire à passionner grâce à cette notion de Force, plus mystique et attirante que jamais.

Malheureusement, l'équilibre entre les différents enjeux de l'oeuvre est bancal et il faudra attendre l'épisode IX pour donner une légitimité à cette trilogie qui se cherche encore, voguant entre mise en scène diablement iconique et moments d'égarement difficiles à digérer.
Un ultime épisode qui, comme à l'époque de la prélogie avec La Revanche des Sith, sera le vrai "juge de paix" d'une saga qui a réellement besoin d'un grand film pour se réconcilier avec son public.

Que la Force soit avec l'équipe derrière Star Wars: Episode IX.